Le test d’infiltrométrie, aussi appelé test d’étanchéité à l’air ou blower door, est une étape clé pour valider la conformité d’un bâtiment aux exigences de la RE2020. Pourtant, de nombreux projets échouent lors du contrôle final, entraînant retards, coûts supplémentaires et stress avant la réception.
Bonne nouvelle : dans la majorité des cas, ces échecs sont liés à des erreurs courantes et évitables. Voici les 7 points critiques à surveiller pour réussir votre infiltrométrie du premier coup.
À quoi sert un test d’infiltrométrie ?
Le test d’infiltrométrie mesure les fuites d’air de l’enveloppe du bâtiment en mettant le logement en dépression à l’aide d’un ventilateur installé dans une porte. L’objectif est de vérifier la performance de l’étanchéité à l’air.
Pour une maison individuelle, la réglementation impose un seuil maximal de 0,60 m³/h.m² (Q4Pa-surf). Un résultat supérieur signifie des infiltrations excessives, synonymes de pertes énergétiques, d’inconfort et de non-conformité réglementaire.
Les 7 erreurs qui font échouer votre infiltrométrie



1. Une continuité du pare-air mal assurée
Les jonctions entre murs, planchers et plafonds sont des zones sensibles. Une rupture dans la continuité de la membrane ou de l’enduit d’étanchéité crée rapidement des fuites importantes.
2. Des traversées techniques non étanchées
Passages de gaines électriques, conduits, réseaux d’eau ou de chauffage : chaque percement doit être colmaté avec un système adapté (manchon, mastic, bande adhésive spécifique).
3. Des menuiseries mal posées
Une fenêtre mal calfeutrée ou sans bande d’étanchéité périphérique est une source majeure d’infiltration. La qualité de pose est aussi importante que la performance du produit.
4. Des coffres de volets roulants négligés
Souvent oubliés, ils représentent pourtant un point faible fréquent, surtout s’ils ne sont pas étanches côté intérieur.
5. Des trappes et accès techniques non traités
Trappe de combles, local technique, coffrets électriques : ces éléments doivent être équipés de joints efficaces.
6. VMC et réseau du système de chauffage gainable
Les réseaux de VMC étant obturés lors du test, ils ne sont pas pris en compte dans la mesure.
En revanche, le réseau du système de chauffage gainable, très souvent problématique, peut présenter des défauts d’étanchéité.
7. L’absence de pré-contrôle avant le test final
Réaliser l’infiltrométrie uniquement en fin de chantier augmente fortement le risque d’échec. Un test intermédiaire permet de détecter et corriger les défauts à moindre coût.
Comment réussir son test d’infiltrométrie ?
La clé du succès repose sur l’anticipation et la coordination des corps d’état.
Checklist avant le contrôle final :
- Vérifier visuellement toutes les jonctions de l’enveloppe
- Contrôler l’étanchéité des menuiseries et coffres
- Inspecter chaque traversée de réseau
- Tester les trappes et accès techniques
- test intermédiaire avec contrôle à la fumée
- Sensibiliser les artisans aux enjeux de l’étanchéité à l’air
Une bonne préparation permet d’éviter les reprises de dernière minute, souvent coûteuses et difficiles.
Que faire en cas d’échec ?
Un résultat non conforme n’est pas une situation rare… et surtout, elle est généralement corrigeable.
La démarche consiste à :
- Localiser précisément les fuites (fumigène, caméra thermique, recherche sous dépression)
- Effectuer des corrections ciblées (mastic, bande, reprise de jonction)
- Réaliser un nouveau test de validation
Dans la majorité des cas, quelques interventions suffisent à atteindre le seuil réglementaire.
Pourquoi l’étanchéité à l’air est essentielle
Au-delà de la conformité à la RE2020, une bonne étanchéité à l’air permet :
- De réduire les consommations de chauffage
- D’améliorer le confort thermique
- D’éviter les courants d’air et l’humidité
- D’optimiser le fonctionnement de la ventilation
C’est donc un élément central de la performance énergétique globale du bâtiment.
Conclusion
La réussite d’un test d’infiltrométrie ne dépend pas du hasard, mais d’une approche rigoureuse dès le chantier. En traitant les points sensibles, en formant les intervenants et en réalisant un pré-contrôle, vous maximisez vos chances d’obtenir un résultat conforme dès le premier passage.
Anticiper l’étanchéité à l’air, c’est gagner du temps, éviter des coûts supplémentaires et sécuriser la réception de votre projet.

